JOURNAL

DE PHYSIQUE,

DE CHIMIE,

D'HISTOIRE NATURELLE ET DES ARTS*

AVEC DES PLANCHES EN TAILLE-DOUCE;

Par m. H.-M. DUCROTAY de BLAINVILLE,

Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, Professeur de Zoologie, d'Ana- tomie et de Phj'siologie comparées , à la Faculté des Sciences et à l'Ecole normale; ex-Suppléant de M. Cuvierau Jardin duRoi et au Collège de France, iVIerabre et Secrétaire de la Société Philomatique , Membre de la Société Wernérienne d'Edimbourg et de la Société d'Histoire naturelle de Dublin, etc.

JUILLET AN 1820.

TOME XCl.

A PARIS,

CHEZ M"^ V^ COURCIER, LIBRAIRE,

me du Jardinet, quartier St.-André-des- Arcs.

TABLE

DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE CAHIER.

Mémoire sur l'influence du Système nerveux sur la Chaleur animale , pré- senté à l'Académie des Sciences; par M. Charles Chossat, P^ge 5

Sur les Corps pétrifiés de la Suède ; par M. Georges Walheuberg. (Extrait), 24

Troisième et dernière partie de l'Essai sur la formation des Pioches, ou Recherches sur l'origine probable de leur forme et de leur structure actuelles ; par M. William Maclure, 38

Remarques servant 1°. à éclaircir quelques propositions de l'ouvrage intitulé : Obsen>ations sur quelques parties de ta Mécanique des Mou- vemens progressifs de l'homme et des animaux , etc. ; et de Réponses aux Objedtions diverses faites à ces Observations ; par M. Chabrier , Sa

Tableau Météorologique, 68

Description d'un nouveau genre de Plantes, Enemion, et Remarques bota- niques-, par C. S. Rafmesque , 70

Expériences sur un elTet que le courant de la Pile excite dans l'Aiguille aimantée ; par M. J.-C. (Ersted , 72

Conclusions d'un Mémoire sur l'action mutuelle de deux courans élec- triques, etc.; par M. Ampère , 7S

Nouvelles Expériences électro-magnétiques; par M. J.-C. (Ersted, 78

JOURNAL

DE PHYSIQUE.

p!qç b .

JOURNAL

DE PHYSIQUE,

•DE CHIMIE,

D'HISTOIRE NATURELLE ET DES ARTS,

AVEC DES PLANCHES EN TAILLE-DOUCE; Par m. H.-M. DUCROTAY de BLAINVILLE,

Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, Professeur de Zoologie, d'Ana- tomie et de Physiologie comparées , à la Faculté des Sciences et à l'Ecole normale; ex-Suppléant de M. Cuvierau Jardin du Roi et au Collège de France, Membre et Secrétaire de la Société Philomatique , Membre de la Société Wernérienne d'Edimbourg et de la Société d'Histoire naturelle de Dublin, etc.

JUILLET AN 1820.

TOME XCI.

A PARIS,

CHEZ M«« V^ COURCIER, LIBRAÎRE,

rue du Jardinet , quartier St.-André-des-Arcs.

•*

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JOURNAL

DE P H Y S I QUE,

DE CHIMIE ET D'HISTOIKE NATURELLE.

JUILLET AN 1820.

MÉMOIRE

SUR l'influence

DU SYSTÈME NERVEUX

SUR LA CHALEUR ANIMALE (i).

Présenté à l'Académie des Sciences, dans sa séance du

i5 mai 18203

Par m. Charles CHAUSSAT , M. D. ,

Membre de la Société des Naturalistes de Genève ^ Correspondant de la Société philomatique de Paris.

Xje foyer de la chaleur animale placé dans les poumons par les premiers physiologistes qui aient eu des idées saines sur la respiration, transporté par M. Brodie, sinon dans le cerveau,

(1) J'ai fait de ce Mémoire le sujet de la thèse que j'ai soutenue à la Faculté de Médecine de Paris le i3juin 1820 , pour obleair le grade de docte«r.

\

6 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE

du moins sous la dépendance imme'diale de cet organe, a été réparti par d'autres dans tout le reste du corps. Les expériences que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie prouvent qu'en très grande partie le dégagement de la chaleur animale se fait dans la cavité abdominale; elles démontrent en outre quelques-unes des fonctions d'une classe d'organes sur lesquels, jusqu'à pré- sent, l'on n'a eu que les idées les plus hypothétiques; je parle des nerfs grands sympathiques et de leurs nombreux rameaux. C'est sous ce double point de vue qu'elles m'ont paru dignes de fixer l'attention de l'Académie.

Quoique l'expérience prouve qu'il n'est aucune partie du corps qui, mise en conlact avec de Toxigène^ ne fournisse de l'acide carbonique, et qu'ainsi l'existence de la vie n'est point une con- dition essentielle au développement de ce gaz par le corps ani- mal, je ne pense pas néanmoins que les fondateurs delà théorie moderne de la respiration aient réellement supposé que l'action nerveuse n'entre pour rien dans la production de la chaleur; car, en agitant avec de l'oxigène une quantité de sang qu'oa supposerait égaler celle que contient le corps d'un animal quel- conque à sang chaud, on ne produirait sans doute rien de com- paraiile à la quaiililé de chaleiii- qui se dégage pendant un temps dans cet animal. M. Brodie est néanmoins le premier qui ait rem.irqné cette influence du système nerveux, et à cet égard il a la gloire d'avoir fait faire un grand pas à la théorie de la chaleur animale. Dans un premier mémoire sur l'influence du cerveau, sur l'action du cœur et sur la production de la cha- leur animale, il établit, i\ que, malgré l'insufllation artificielle du poumon, la décapitation fait baisser la chaleur animale de plusieurs degrés en moins d'une heure; 2°. que les animaux dé- capités et insuiJlés S(! refroidissent plus facilement que les ani- maux tués par la simple section de la moelle épinière sous l'occipital, et qu'ainsi, après la décapitation, il ne se produit pas de quantité appréciable de chaleur. Il termine par la con- clusion que , '( lorsque l'air respiré est plus froid que la lempéra- i) ture naturelle de l'aninial , l'clTet de la respiration n'est point la » production, mais la diminution de la chaleur animale» (1).

Cette conclusion remarquable éloit trop en opposition avec les idées admises jusqu'alors pour être reçue sans contradiction; aussi Le Gallois s'erapressa-t-if d'élever contre le travail de

(1) Pilos. Twas. for. i8i 1 , p. 48.

ET D HISTOIRE NATURELLE. 7

M. Brodie des objeclious sur lesquelles j'aurai l'occasion de re- venir. Toutefois il ne peut nier linfluence de la décapitation; mais il pense qu'elle n'agit qu'en débilitant profondément le 63'Stème nerveux; et comme il admettait sans doute les résultats de Crawford, sur la différence de capacité par le calorique entre le sang artériel et le sang veineux, et qu'il avait remarqué qu'après la décapitation, le sang « conservait en passant dans » les veines à peu près la même couleur qu'il avait dans les » artères, » il eu conclut que l'action du système nerveux se réduit à déterminer ce changement de capacité, et qu'ainsi s'o- père le dégagement de la chaleur animale. Cependant, comme d'une part la théorie de Crawford ne saurait plus être admise maintenant, surtout quand on songe aux manipulations néces- saires pour parvenir aux données sur lesquelles elle repose, et que d'autre part le non-changement du sang dont parle Le Gallois n'est point un effet constant de l'affaiblissement du système ner- veux, ainsi que des expériences très nombreuses sur la mort par le froid, faites de concert avec mon ami, M. le docteur Prévost, nous l'ont toujours démontré, il suit de que le mécanisme au moyen duquel le système nerveux influe sur la chaleur animale était encore entièrement inconnu. C'est lui que je me suis proposé de rechercher dans ce travail. Persuadé qu'au- cune théorie, aucune opinion, quelque probable qu'elle paraisse ne saurait infirmer la valeur d'un fait quand il a été bien ob- servé, j'ai repris la question traitée par M. Brodie, avec la pré- caution d'analyser tontes les circonstances de son expérience. Cette analyse m'a conduit à des résultats importans sur la théorie de la chaleur animale, et sur les nerfs grands sympatiques, ré- sultats d'autant plus dignes de fixer l'attention, que les fonctions de ces derniers nerfs étaient à peu près inconnues, et que leur étude ultérieure ne peut manquer de conduire à des faits éga- lement nouveaux et importans par leurs applications, à cause de l'influence puissante que ces organes paraissent exercer sur les changemens moléculaires qui se passent dans l'intérieur du corps.

PRÉLIMINAIRES.

Sous ce litre je traiterai, en peu de mots, de trois circon- stances, qu'il est nécessaire d'apprécier avant de passer à l'objet spécial de ce Mémoire. Ce sont la mort par le froid, la marche du refroidissement après la mort, et l'influence qu'exerce sur la chaleur la position qu'on donne a l'animal.

8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE

Mort par le froid. Les symptômes de la mort par le froid devant se présenter fréquemment dans le courant de ces re- cherches, il importe d'établir quels ils sont, d'après des expé- riences dans lesquelles le mécanisme du refroidissement ne puisse oftVir aucune ambiguïté. Telle est la mort par le bain froid. Les résultats que je vais sommairement exposer sont tirés d'un travail exécuté en 1819 avec M. le docteur Prévost, travail que des circonstances particulières ne nous ont point permis de publier encore.

Les principaux phénomènes de la mort par le froid sont : 1°. Un abaissement plus ou moins rapide de la chaleur ani- male jusqu'à un degré incompatible avec la vie. Ce degré est très-variable. J'ai vu dans le bain froid la vie cesser à 26" cen- tigrade, et même un peu au-dessus, tandis que, dans des expériences d'un autre genre, la mort n'est survenue qu'à 17^,0 (expér. 86). En général, abstraction faite des différences dans la force nerveuse des individus, il parait que plus le refroi- dissement est rapide, plus la chaleur animale, au moment la mort arrive , se trouve être encore élevée.

2". Après la mort le sang est ordinairement artériel dans l'aorte et le poumon ; quelquefois aussi on le trouve veineux. Celte variation ne surprendra point, si l'on se rappelle qu'un degré de force à peu près égal est nécessaire dans l'âge adulte pour les dernières inspirations et l'entretien d'un reste de circulation; qu'ainsi l'une ou l'autre de ces fonctions peut cesser la première, sans que pour cela le genre de mort en soit changé. L'asphyxie, quand elle survient, n'est donc jamais qu'une atTectiou acci- dentelle, et l'on n'empêcherait point la mort par l'insufflation artificielle du poumon.

5°. Le cœur conserve quelquefois de très-légères contractions spontanées, qui suffisent pour altérer la couleur artérielle du sang dans l'aorte et les veines pulmonaires, et pour produire les apparences d'asphyxie dont nous venons de parler. L'irri- tabilité musculaire et le mouvement périslaltique sont nuls ou presque nuls.

4°. Les grandes veines cérébrales contiennent ordinairement peu de sang : il y a quelquefois un peu d'injection" dans les vaisseaux capillaires du cerveau, et une petite quantité de sé- rosité dans les cavités de cet organe.

5°. Le froid tue par l'épuisement des forces nerveuses, épui- sement qu'indique l'accroissement progressif de la stupeur et de la débilité des principales fonctions de l'économie. Cette

stupeur

ET d'histoire naturelle. 9

stupeur a élé coraparëe au coma, mais bien à lorl, sans doule, puisque des phénomènes tout difïëreas caractérisent ces deux e'iats. Il est vrai que, pendant une partie de l'expérience, on observe quelquefois une respiration sterloreuse; mais ce symp- tôme se présente toujours d'une manière accessoire, et n'offre jamais le caractère d'un phénomène fondamental.

Marche du refroidissement après la mort. Il est nécessaire de déterminer la marche du refroidissement du corps lorsqu'il ne s'y produit plus de chaleur, afin de pouvoir en conclure, par comparaison , l'influence d'une lésion quelconque sur la cause du dégagement de la chaleur animale. Pour établir cette donnée, il est sans doute incorrect de choisir le refroidissement d'un cadavre; car l'existence de la circulation dans un corps vivant, mais privé de la faculté de produire de la chaleur, suffit pour apporter une très grande différence dans l'état des choses. Le premier, eu effet, ne se refroidit que par sa propriété conduc- trice, tandis que dans le second, les fluides circulatoires, trans- portés incessamment du centre à la surface, peuvent être com- parés, avec assez de justesse, à ces courans que Rumfort a fait voir s'établir daus les liquides, et favoriser beaucoup leur refroidissement. Néanmoins, comme le choix d'un cadavre pou- vait seul m'assurer qu'il ne se produisait réellement plus de chaleur dans le corps actuellement en expérience, j'ai cru que les résultats seroient encore suffisamment approchés pour fournir des données utiles pour les recherches subséquentes, ce que confirmoient d'ailleurs des expériences analogues faites par M. Brodie sur des lapins.

Une attention essentielle dans ces expériences est celle d'en- foncer toujours le thermomètre à la même profondeur; car le corps étant d'autant plus refroidi qu'on s'approche davantage de sa surface, la négligence de cette précaution pourrolt entraîner de grandes inexactitudes. Pendant toute la durée de l'expérience suivante, le thermomètre est resté à demeure dans le rectum enfoncé à une profondeur de i5 à i8 centimètres.

Tome XCI. JUILLET an 1820. B

lO

JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE

Expérience i^"'. Chien vieux, de 24 pouces de Ions, tué par une syncope à la suite de la section de la moelle epinière, entre les 2' et 5* vertèbres dorsales (i).

CHALEUR ANIMALE

Mort

Fin de la i" heure.. .

3*

4'

5*

6'

7'

8' et 9'

10' et 1 1*^

TEMPERATURE DU LIEU.

40° 5 38,7 3S,i 33,9

3i,7

29,7 28,3

27.4 25,7 23,9

11

1^

i°è

i°8

2,5

4,4

2,2

«,G

2,2

8,8

2,0

10,8

.4

12,2

0,9

'3,1

1,7

14,8

1,8

16, G

i6°5

18,7 19)5 20,0 20,7 20,7

20.. 9 20,8 20,0 •9,8

Le tableau que l'on a sous les yeux offre une grande diffé- rence dans la vitesse du refroidissement entre les premières et les dernières heures de l'expérience; car, en partageant en deux parties à peu près égales la totalité de l'abaissement, l'on trouve que.

Pour s'abaisser de j i^l'^ ^ X'7 (= «I-^) l il a fallu | ^ heures 3»; ( oi°,8 a ao^jg (=r 7°,8) J ( 7 heures o

En divisant le nombre des degrés par celui des heures em- ployées à les parcourir, on obtient ce que j'appellerai par la suite V abaissement moyen de la chaleur animale, c'est-à-dire la quantité moyenne dont la chaleur s'est abaissée dans l'espace d'une heure, entre telles limites que l'on a choisies. Comme les expériences subséquentes exigent que j'adopte les limites de 40° à 32° d'une part, et celles de 32° à 24° de l'autre, je vais indiquer ici, entre ces mêmes limites, la valeur de l'abaisse- ment moyen que l'on déduit de l'expérience présente.

(1) Le thermomètre centigrade est celui dont je me suis servi dans toutes mes expériences.

ET UHISTOIRE NATURELLE.

On trouve, d'après les doauées ci-dessus :

II

8°,3

Abaissement moyen

entre 4°* et 32° = ^^-^ = 2°,37 par heure.

8 entre 32° et 24' = ^^p- = i°,i i par heure.

Nous aurons fréquemment l'occasion, par la suite, de rap- peler ces résultats.

Position de ranimai. Pendant toutes les opérations, et dans un assez grand nombre d'observations ihermométriques , l'a- nimal a reposé sur le dos, les deux pattes d'un même train attachées par derrière pour assurer la fixité du corps (i). Celte position, fort commode pour i'expérimenteur, l'est peu sans doute pour l'animal soumis aux expériences; et, comme on doit s'y attendre, il a en résulter une variation dans la chaleur animale. La latitude de cette variation était importante à déter- miner, et Ta été par les expériences suivantes.

Expérience ii*. Chien de ai pouces, moyen âge, vigoureux. L'on place V animal comme il vient d'être dit, et l'on prend de suite sa chaleur dans le rectum (a).

Moyenne du pouls dans 5'

Moyenne de la respirât. dans 5'

Chaleur animale.

Etat initial

n 5oo 4.9 S 520 540 5S6 56/

64 70

67

40° 0

38,9 58,0

3e

37:9 37.9 38,0

Xe

50

(on cesse l'expérience).

38,1

(1) L'animal a conservé cette position pendant toute la durée des expériences 2,3,4)5,6, 10 , : 1 , 25 et 26. Dans les autres il a été délié après l'opé- ration.

. (a) Dans toutes mes expériences , le thermomètre a été placé à 1 5 ou 20 cen- timètres de profondeur dans le rectum. En général , je l'y ai laissé à demeure , parce qu'ainsi l'on épargne du temps et l'on évite des incertitudes. Les nombres des colonnes de la chaleur animale ont été observés à la fin du temps indiqué en marge.

J'ai toujours compté le pouls et la respiration pendant cinq minutes consé- cutives , afin d'atténuer l'influence des variations accidentelles inévitables dans les recherches physiologiques : c'est ordinairement de demi-heure en demi- heure, quelquefois de quart-d'heure en quart-d'heure que je faisais cette dé- termination.

Ba

Ï3 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE

Comme Le Gallois , probableinenl d'après des expériences faites ^r des lapins, avait affirmé » qu'il suidit de tenir un » animal allongé sur le dos pour qu'il se refroidisse même « jusqu'à en mourir, si on le maintient long-temps dans cette » position, » j'ai cru devoir répéter celle expérience, en la prolongeant davantage.

Expérience ni'. Chienne de 21 pouces, vigoureuse. On place l'animal comme il a été dit j et l'on prend immédiatement sa chaleur.

Pouls dans 5'

Respiration, dans 5'.

Chaleur animale.

Etat initial

6i5

4.qo 640

6qo 780 800 745 700 670 600 640

74° 1

53

52

67 58

44 56 5o 5o 5i 5i 65 5i

40° 5

38,7 38,5 38,5 39.0 ^9,4 39,6 %,5 39,8 40,0 40,0 40,0

La tcropi?

0* 15'

rature locale

a'

3'

A'

5'

12''

20'

40'

52=

7G'

ICO' (on cesse l'exptr.).. .

On peut conclure de ces deux expériences,

1°. Que la chaleur animale, chez les chiens adultes el sains, ne baisse que de 2°, ou lout au plus de 2°,5 par la position sur le dos, quelque prolongée que soit cette dernière;

2°. Que c'est dans la deuxième ou la troisième heure que la température alleinl son minimum, el que de la elle remonte insensiblement à l'état initial;

5°. Enfin, que le pouls et la respiration n'éprouvent que des variations peu sensibles pendant toute la durée de l'expérience.

Dans le courant de mes recherches j'ai eu un assez grand nombre d'occasions de vérifier l'exactitude de ces conclusions. Je passe maintenant à l'objet spécial de ce mémoire.

Des lésions de l'encéphale.

C'était une simple conclusion des expériences de décapitation, et non point l'observation directe, qui avait conduit M. Brodie

ET D HISTOIRE NATURELLE. O

à placer la chaleur animale sous l'influetice imniediale du cer- veau. Or, deux objections pouvaient être faites à ces expérien- ces : 1°. la décapitation iiécessilait l'insufflation pulmonaire, et cette dernière suffisait, d'après Le Gallois, pour abaisser la température jusqu'au point de faire périr l'animal de froid; et 2°. la section de la huitième paire, par conséquent aussi la dé- capitation, produisoient , d'après le même physiologiste, une inliltration, soit de sang, soit de sérosité, dans le parencl)3me du poumon, qui devoit gêner les phénomènes chimiques de la respiration. L'on crut que ces deux considérations dounoient la clef des résultats oljtenus par M. Brodie; ce qui explique pourquoi ils ont si peu fixé l'attention ^ au moins des physio- logistes français.

Pour écarter ces deux objections, j'ai recherché quel serait l'efFet d'une lésion du cerveau telle, que la respiration n'en fût point interrompue, et que par conséquent le poumon ne cessât point d'être sous l'influence de la huitième paire. C'est à quoi je suis facilement parvenu au moyen d'une section complète du cerveau, pratiquée verticalement au-devant du pont de Va- role , à la faveur de l'ouverture d'une couronne de trépan.

Expérience iv% Chien de i8 pouces, moyen âge , vigoureux.

" 1 CHALEUR ANI.M.4LE.

Etat initial Opération i" heure.

2"

3^ .......

4'......-

6'

i:::::;.:::

.q'

10"

Il'

12' (mort)

Moyenne du

pouls

dans 5'.

25q 657 766 6a6 5i4

3q5

254 204 204 14. 148 143

Moyenne de

la respiration

dans fi'

072 507 455 378 200

56

H

70

65'

65

40° o 4o,o

37,5 34,8

3. ,7 3o,3

29,7 29>o 27.7 27,0 26,3 25,4

24.7 24,0

Abaissement

Partiel. Total

5

2,7 3,1

>,4

0,6

0.7 1 ,3

0,7 0.7 °.9 °.7 0.7

5

5,2

8,3

9.7 10,3 11,0 12,3 i3,o i3,7 14,6 i5,3 16,0

l4 JOURNAL DE PHYSKiCi:, DE CUIMIB ^

Autopsie immédiatement après la mort.

Poumons rosés, crepitans, contenant du sang artériel.

Cœur flasque, encore un peu irritable : l'aorte contient du sang artériel, et la veine-cave du sang bien décidément veineux.

Muscles : ils contiennent du sang artériel, et sont encore un peu irritables.

Les phénomènes observés pendant la vie concourent, avec ceux que l'autopsie a présentés, pour établir que cet animal est mort de froid. Dans quatre autres expériences semblables , la. chaleur a baissé d'une manière analogue, mais la vie a cessé plus promptement.

Si nous rapprochons cette expérience du simple refroidisse- ment après la mort (exp. i), nous trouverons dans les résultats une conformité assez grande pour affirmer qu'il ne s'est pas dégagé de quantité sensible de chaleur après la section du cer- veau. Cependant, en examinant un peu plus en détail la marche du refroidissement, on voit qu'elle n'a point été uniforme dans les parties correspondantes des deux expériences. La détermi- nation de l'abaissement moyen entre les limites adoptées pour l'expérience première va mettre cette assertion dans tout soa jour. Je trouve en effet :

4o°,o-5.°,7_8°.3_

2»5o' "~2,85~ '^

5.°.7-<,o^^^

.9 ° 9 ° Si l'oa compare ces valeurs à celles que nous a fournies l'expérience première , savoir | .' ' | , l'oa

verra que, pendant la première partie de l'expérience 4°> c'est-à-dire pendant le temps la circulation a été la plus active, précisément alors le refroidissement a été plus rapide que dans l'expérience première. Cette remarque est importante en ce qu'elle prouve que la circulation tend à accélérer le re- froidissement général plutôt qu'à le gêner; elle détruit par con- séquent l'une des objections faites aux expériences de décapi- tation ; savoir, que le refroidissement qui s'observoit ne dépendoit que de la foiblesse de la circulation (i).

(i) Ce n'est point par elle-même qu'agit la foible.sse de !a circulation pour

i5

ET D HISTOIRE NATURELLE.

Quant à la seconde partie des deux expériences, une dille- rence de i°,4 au bout de sept heures me paraît trop foible pour tirer aucune conclusion de ce fait isolé.

Si les sections du cerveau avaient une telle influence sur la chaleur animale, il étoit probable que d'autres lésions profondes du même organe agiroient d'une manière analogue. Dans ce but, j'ai recherché quelle influence exerceroient sur la température une commotion violente et le narcotisme par l'opium, l'aclion de celte dernière substance sur le cerveau étant un des résultais les mieux constatés de la pharmacologie.

Expérience \'. Chien de i8 pouces, vigoureux.

Une commotion a été produite par quelques percussions sur le verlex et sur l'occiput. Il y a eu perle de connaissance, di- latation complète des pupilles, cessation de la respiration, et grande accélération du cœur, suivie bientôt d'un ralentissement considérable. On a pratiqué la respiration artificielle pendant toute la durée de l'expérience.

CHALEUR AXIMALE.

Etat initial 4°'

Opération 3g , 7

1" heure 3/, 7

s' 35,3

3' 33,3

4' 3:, 3

5' 29,5

6' 28,0

7' 27,0

8' 25,9

9' 24..9

10' (23,5

(mort) I 22,3

Abaissement

PartieJ,

2°0 2,4 2,1

'>9 1,8 .,5

1,0 ',4

1,2

Total.

n a°o

4,4 6,5

8,4

10,2

11,7 12,7 i3,8 i4,8 16,3 17,4

hâter le refroidissement général ; elle n'est que le signe de la débilité du système nerveux, débilité qui est la véritable cause de l'abaissement de la chaleur. Cette vérité deviendra évidente par la lecture de ce Mémoire.

l6 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE

La respiration artificielle ayant été suspendue accidentelle- ment dans le courant de la dernièi-e heure, au bout de 5o' environ de cet état, l'asphyxie n'éloit point complète, et l'animal vivoit encore. Ce fait conslate; chez les animaux adultes, l'ob- seryalion de Le Gallois, sur les jeunes animaux, relativement à l'influence du froid pour retarder l'asphyxie.

L'analyse de cette expérience montre que la commotion de l'encéphale tue par l'asphyxie consécutive à la cessation des fonctions du cerveau; en sorte que, lorsqu'on écarte cette cause de mort à l'aide de la respiration artificielle, la vie peut être soutenue pendant assez long-temps encore^ et ne cesse que par le froid, qui s'empare peu à peu de l'animal.

Abaissement mojeii. Je trouve par cette expérience :

39

",3— 3.°

_7°

,G

3i

S'So' °,7 23°

.9.

5" ~6°

5 ' ,8

6*0'

,0

20,17

i°,3o

Ces deux valeurs de l'abaissement moyen étant suffisamment rapprochées de celles de l'expérience première, montrent que le dégagement de la chaleur avait entièrement cessé.

En comparant l'abaissement moyen relatif à la première partie de l'expérience avec son analogue dans l'expérience » 1^ diflërence de o°,76 eu faveur de celte dernière prouve incon- testablement que la respiration artificielle n'a pas chez le chien une influence qui puisse altérer bien sensiblement les résultats, au moins quand on la pratique d'une manière qui ne soit pas trop ditrérente de la respiration naturelle. La suite de ce Mé- moire me fournira de nouvelles preuves de la nécessité de n'ap- pliquer qu'avec réserve à des animaux plus forts les résultats que Le Gallois n'a probablement obtenus que sur des lapins.

L'opium va me fournir le troisième et dernier exemple de l'influence du cerveau sur la chaleur animale.

Expérience vi°. Chien de 21 pouces ^ un peu faible.

On injecte par la veine jugulaire la décoction de os™,3 d'o- pium brut dans 16 grammes d'eau.

ET D

HISTOIRE

Moyenne du

pouls

dans 5'.

NATURELL

Moyenne de

la respiration

dans 5'.

E. 17 CHALEUR AKIMALE.

Abaissement Partiel. Total.

Etat initial

5io 11 866 785 695 570 465 370 28a

223 .95 190 .78 181

1&9

ia5

65

58 n

76 53

44

37 02

28

25

24 24

20 23

iG i3

n

40° 3 39,8 36,6 34,3 32,6 3i,s 29,8 28,6 27,5 aG,8 26,2 26,5

26,4 25,8 24,5

20,6 22,8

11 »

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i3,o

q' et 1 0'

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11

1 et 14"

îi

i5' et i6*

i4,o

17= et 18=

i5,3

1 q' et 20'

16,2

21' et 22' (mort)

17,0

Autopsie (10 minutes après la mort).

Poumons rosés, contenant du sang à demi-artériel dans le pa- renchyme (i).

Cœur irritable; sang veineux dans toutes ses cavités.

Cerveau: peu d'engorgement dans les grandes veines, mais de l'injection dans le système capillaire de cet organe; un peu de sérosité dans ses cavités.

D'après le degré de chaleur animale auquel la mort est sur- venue, on voit que l'opium a vraiment fait périr de froid cet animal. Sans m'arrèter aux iaductiotis thérapeutiques impor- tantes qu'on peut tirer de cette expérience (le bain chaud dans

(1) Cet état du poumon n'est que celui que l'on rencontre dans la plupart des .cas de mort par le froid; il n'indique donc point une action spéciale de l'opium sur cet organe.

Tome A'C/. JUILLET an 1820. C

iS JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE

le narcolisme violent par l'opium), je passe de suite à la de'- termination de l'abaisseraenl moyen.

.59°,8-5i°,9_7°.q

. . l 2/.3à' ~5''b~''

Abaissement moyen. < ~ „,„ ^

Autant l'abaissement moyen, fourni par la première partie de l'expérience, se rapproche de son analogue dans l'expëriencô première, autant celui qui se rapporte à la seconde partie s'é- carte de celui qui lui correspond dans cette même expérience première. Ceci dépend de ce qu'aux environs de 26°, il s'est manifesté une réaction qui a duré 5 heures 25', et qui a relevé momenlanémenl la chaleur de o'^jS. Aussi, si l'on prend la valeur de l'abaissement moyen entre les limites de 32° et 26° seulement, l'on trouve i°,oo, résultat peu différent des pré- cédens (i).

En rapprochant les valeurs de l'abaissement moyen fournies par la première partie des expériences /^ , 5 et 6 , savoir :

Section du cerveau ^"gS

Commotion violente '7

Opium 2,25

Moyenne 45,

on est frappé sans doute de voir des expériences aussi diffé- rentes présenter des résultats si peu divergens. Il était naturel d'en conclure l'existence d'une cause générale, unique, indé- pendante de la forme de la lésion , et qui avait agi dans les trois cas d'une manière absolument semblable.

Or, quelle qtie fût la diversité de la lésion dans ces trois expériences , comme on y retrouvait pourtant une circonstante commune, l'abolition plus ou moins complète <les fonctions cérébrales, il était naturel de rechercher si ce n'étoit pas dans les organes spécialement sous l'influence du cerveau que se trouverait la cause la plus immédiate du dégagement de la

(1) C'est une chose digne de remarque que la possibilité d'une réaction aussi prolongée à un tel abaissertiefttdela chaleur animale : je ne regarde pas comme mvraiseûiblable en Conséquence que , si cette réaction eut été favorisée par le bain chaud , on tut pu ramener l'animal à la vie.

ET D HISTOIRE naturelli:. ig

chaleur. Deux queslioDS à résoudre se présentaient alors : l'uue de rechercher si le refroidissement ne tenait pas à la cessation de l'influence de la huitième paire sur le poumon; l'autre, si ce même eflfet ne pouvait pas dépendre de la paralysie de la moelle épinière. J'ai exécuté successivement ces deux séries d'expériences, et je vais en exposer les résultats, en comraeu- çaut par celles qui ont rapport à la huitième paire.

De la section des nerfs pneumogastriques.

Je ne crains pas d'être taxé d'exagération en aflirmant qu'il n'est peut-être aucune question physiologique qui ait eu plus de célébrité que la section de la huitième paire, puisque, depuis Galien, il n'est pas de physiologiste de quelque réputation qui n'ait voulu l'exécuter. Sans retracer l'historique des opinions diverses qui ont été émises à cette occasion, je rappellerai seu- lement que Le Gallois, après avoir écarté le voile qui avait toujours caché la véritable apparence des phénomènes, savoir, l'occlusion plus ou moins complète de la glotte, a conclu de ses expériences que la cause réelle de la mort était l'asphyxie, laquelle survenait par l'infiltration, soit de sérosité, soit de sang dans le parenchyme du poumon.

La lecture attentive du mémoire de Le Gallois montre qu'il a exécuté presque toutes ses expériences sur de jeunes animaux, et en particulier sur des lapins et sur des cochons d'Inde. Or j'ai bien observé, après lui, chez les jeunes lapins, l'ecchymose sanguine et l'infiltration séreuse du poumon; mais rien de sem- blable ne s'est offert à moi quand j'ai opéré sur des chiens adultes. Ces animaux meurent avec du sang artériel dans le pa- renchyme pulmonaire, et quelquefois même dans l'aorte, et par conséquent toute idée d'asphyxie doit être absolument écartée. L'expérience m'a bientôt fait voir que la chaleur animale s'a- baissoit peu à peu, et que la vie ne cessoit que lorsque le refroidissement éloit assez considérable pour que seul, indé- pendamment de toute autre cause, il produise nécessairement la mort. C'est ce que l'expérience suivante va mettre pleinement içn évidence.

Cl

20

JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE

Expérience vn°. Chien de i8 pouces. On adapte à la trachée un tube respiratoire , et Von coupe les deux nerfs pneumo- gastriques.

Moyenne du] Moyenne de

pouls la respiration chaleur animale, dans 5'. dans 5'.

Etat initial

Opération

i'° période de 12 heures

2' période

3* période

i^ période

f de la i'''à la 3' heure.

r. / . j ; de la à la fi'*

5=periode^^^^^g,^

a 9'

de 1 a 9' à la 1 a' (mort)

425 goo icyo 962 817 528 288

117

5o 22

29 2S

29 21 24 18

23

»4

lempt-rat. moyenne.

38° 9

36,1

(37,35

37,27 (37,00

29,5 a'5,6 22,7 21 ,4 20,7

(0

Autopsie immédiate.

Poumons crëpilans, mais moins que dans Tëtat naturel, de couleur rosëe, contenant du sang artériel dans une partie de leur parenchyme , et demi-arlériel dans l'autre ; aucune infil- tration quelconque, soit sanguine, soit séreuse.

Cœur, ofifrant encore quelques contractions; aorte contenant du sang à demi-arlériel.

Cerveau : les grandes veines cérébrales contiennent peu de sang; mais il y a un peu d'injection dans le système capillaire , et un peu de sérosité dans les ventricules.

Muscles : aucune irritabilité, nul mouvement péristaltique sensible.

. Cet état des viscères, lors de l'autopsie, est celui que l'on rencontre dans la généralité des cas après des expériences sem- blables. Quant aux phénomènes qui se passent pendant la vie, ceux que j'ai ordinairement observés, sont :

1°. Immédiatement après la section des nerfs, une accéléra- lion très considérable du cœur; un ralentissement et une gêne

(1) Pendant ces 36 premières heures , il y a eu de nombreuses oscillations de la chaleur animale entre les limites de 36°,o et 38,°6.

ET D HISTOIRE NATURELLE. 21

plus OU moins grande de la respiration, malgré la division com- plète de la trachée. Ces eftels sont moins marqués quand un seul des deux nerfs a été coupé.

2°. Au bout de quelques heures, ordinairement du frisson.

3°. Quand la chaleur se trouve descendue aux environs de 3o°, paraissent des contractions fibrillaircs sous-cutanées , qui augmentent avec l'abaissement de température, mais qui s'aflui- blissenl peu à peu aux approches de la mort. La force mus- culaire finit par être tellement épuisée, que les niouvemens ne se font plus qu'avec une lenteur extrême, et en s'accompagnant d'un tremblement excessif.

4°. La sensibilité s'émousse en proportion du refroidissement; l'œil devient flasque et terne; l'on peut même, à l'aide de la chaleur, produire la vésicalion sur le museau , sans presque exciter de la douleur.

5°. Le cœur diminue insensiblement en force et en vitesse.

6°. La respiration diminue en fréquence et en étendue, et s'ac- compagne, quelque temps avant la mort, de convulsions de la m.\choire inférieure, et de bàiilemens.

7°. La chaleur animale, après avoir baissé rapidement de i à 2 degrés pendant ou peu après l'opération, ofi're au bout de quelques heures une véritable réaction, qui peut faire remonter la température jusqu'au niveau de l'état initial. (La réascension a été de 2°,6 dans l'expér. 7"'.) Les oscillations de la chaleur, après s'être prolongées autour de 36° ou Sj" pendant i2'',24\ ou même 56 heures, se terminent par la baisse définitive qui doit amener la mort. La vie ne cesse ordinairement que lorsque la température est descendue très bas. J'ai vu, mais une seule fois, la mort re survenir qu'à i7°,o. (Expér. 8*.)

Tels étant les résultats constans de la section de la huitième paire , il suffit de les comparer à ce qui a été établi dans les préliminaires pour y reconnaître tous les caractères de la mort par le froid (i). L'on aurait pu par conséquent être tenté de croire que c'était en vertu de la connexion que la huitième paire établit entre le poumon et le cerveau que les lésions pro- fondes de ce dernier organe déterminoient l'abaissement de la chaleur animale. Mais une circonstance capitale o'éloit point

(1) L'idée d'une asphyxie ne sauroit être soutenue , puisque le sang conserve la teinte artérielle jusqu'au moment la foiblesse est telle , que les niouve- mens respiratoires ne peuvent plus s'exécuter.

aa JOURNAL DE PHYSIQUE, CHIMIE

expliquée par cette théorie; c'est la différence dans la valeur de l'abaissement moyen.

Sans consigner les détails de deux autres sections de la hui- tième paire, dans lesquelles j'ai suivi avec soin les variations de la chaleur, je me contenterai de rapporter l'abaissement moyen qu'elles fournissent.

jibaissement moyen.

EXPERIENCE VHIe

36°,8 33»,o

i5''o'

S«,8

= T^=---- oV5.

Mort la 25' heure, à i7%o.

EXPERIENCE IX".

., . , 36°,6 3i°,3 5*,3o „,,

Abaissement moyen. T-r, = ir-r=' o 45-

■^ ii''45 n .70

Mort la 20e heure, à 2r,7.

Dans ces trois sections de la huitième paire, l'abaissement moyen a été pour la première partie de l'expérience,

Expérience 7e o'jOg

Expérience 8'^ o°,25

Expérience 9= o'',45

Moyenne o',26.

En comparant cette moyenne avec celles que fournissent les expériences dans lesquelles le cerveau a été directement lésé, moyenne que nous avons vu être 2°,45, on voit que la chaleur a baissé dix fois plus rapidement dans ces dernières expériences. Quelle que pùl être la cause d'une différence aussi considérable, il était évident que la huitième paire n'expliquait point la rapi- dité de l'abaissement que causent les lésions du cerveau; celte conclusion se trouvoit confirmée par le résultat de l'expérience 4^ dans laquelle nous avons vu la chaleur baisser rapidement, bien que la respiration s'exécutât avec liberté.

Toutefois, pour la seconde partie des expériences, on ne re- trouve plus cette différence dans l'abaissement moyen. C'est ce que va mettre en évidence le tableau suivant, la section de la huitième paire se trouve rapprochée du refroidissement après la mort.

ET D HISTOIRE NATURELLE.

25

ABAISSEMENT MOYEN pour la 2^ partie

des expériences. .

Expérience i" (refroidissement après la mort.).

Expérience 7' (section de la 8* paire)

Expérience g' (section de la 8* paire)

Moyenne

i°oS >,47

1 ,26

1,2s

Deux conclusions peuvent êlre tirées des faits que je visns d'exposer.

1°. Après la section de la huitième paire, le dégagement de la chaleur s'effectue encore, quoiqu'en moindre proportion tant que la température du corps se trouve au-dessus d'environ 52°- mais , au-dessous de ce terme, le corps se refroidit comme un simple cadavre.

2°. L'abaissement moyen entre les limites de 32° à 24° s'é- carlant peu de celui que fournissent les lésions cérébrales et le refroidissement après la mort, il suit de que dans chaque expérience il n'y a que la première partie de l'abaissement qui soit vraiment caractéristique. Telle est la raison pour laquelle j'ai' adopté le terme de 52° comme point de division de mes expériences relativement à la détermination de l'abaissement moyen.

Je laisse la section de la huitième paire pour passer à une autre partie de ce Mémoire. Un peu plus loin j'aurai l'occasion de revenir sur le mécanisme en vertu duquel cette opération produit l'abaissement de la chaleur.

{La siale au Cahier prochain.)

a4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE

-■■ ' » , 11»

SUR LES CORPS PÉTRIFIÉS

DE LA SUÈDE; Par m. GEORGES WALHENBERG.

(EXTRAIT.)

Les corps organisés pétrifiés paroissent avoir été depuis long- temps étudiés en Suède avec beaucoup de soin , à cause de l'ulililé dont celle élude peut être non-seulement à la Géologie, mais encore k l'Histoire générale des animaux. En efi'el , depuis les années 1729 et 1730, parut le Mémoire de Bromelius, intitulé : De petrefactls Suecunis, jusque dans ces derniers temps, M.